Pédagogie entrepreneuriale

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Invitée à la matinale de la pédagogie entrepreneuriale, je me rends au Roselab de Toulouse, un des plus gros fablab de la région Occitanie.
J'y retrouve de nombreux responsables d'incubateur d'entreprises au sein des universités, écoles ou grandes écoles invités par Mare Nostrum et son directeur Alexis Janicot.
Annabel et Julien, deux jeunes entrepreneurs, tout juste diplômés témoignent de leurs accompagnement au sein de leur université ou école. Ils expliquent leurs difficultés et transmettent surtout leur enthousiasme !
Et puis, Alexis, Aymane et Caroline nous restituent les journées :
de la pédagogie entrepreneuriale française à Rouen : les JOPPE
les journées de l’innovation et l’entrepreneuriat étudiant francophone à Dakar
des journées mondiales de l’ESS à Bordeaux
Un grand remue-méninges d’idées est organisé afin de trouver des propositions d’accompagnements des étudiants entrepreneurs par les établissements universitaires, grandes écoles.
On y parle de licorne, de centaure ! d’enthousiastes, d’aventurier, d’ingénieux et de sceptiques et aussi des KPI des écoles, de l’économie sociale et solidaire.
On envisage des solutions de tutorat, de mentorat, des ateliers avec des « pro », des ressources humaines, comptables...
Arrivée au Roselab
Aujourd'hui, je suis au Roselab. Et je me rends, la deuxième édition de la matinale toulousaine de la pédagogie entrepreneuriale.
Elle est organisée par Mare Nostrum et son trépidant directeur, Alexis Janicot
Alexis, directeur de Mare Nostrum
Cette matinale est la deuxième édition de cet événement.
Elle a pour but de faire grandir l'esprit d'entreprendre et d'encourager tous ceux qui veulent aider les étudiants entrepreneurs et les jeunes diplômés à entreprendre. Et donc, le but de ce matin, vraiment, c'est de s'inspirer, de partager.
On va vous présenter les événements, on a fait de la veille pour vous sur des événements qui ont parlé d'entrepreneuriat étudiant.
On va échanger sur des besoins très concrets, deux entrepreneurs, jeunes entrepreneurs, qui nous ont fait le plaisir de venir aujourd'hui pour dire quelle a été leur parcours, leurs difficultés, en quoi leurs études, leurs établissements les ont aidés ou pas. Et voilà l'idée. C'est à partir de cas concrets.
Le mode entrepreneurial. Qu'est-ce que c’est, pour nous, à l'échelle de nos établissements et du territoire. Que pourrait-on faire de mieux pour que des entrepreneurs comme Annabel et Julien puissent encore mieux réussir et s'épanouir ici et pour entreprendre ici à Toulouse.
Je vous l'ai dit, nous nous trouvons au Roselab, qui est le plus gros fablab de la région toulousaine.
Mais qu'est-ce que c'est qu'un fablab?
Caroline, chargée de projet au Roselab
Bonjour, je suis Caroline, donc vous êtes ici au Roselab. C'est un lieu qui est assez hybride, qui n’est pas vraiment connu de tout le monde. Quand je dis que je travaille dans un fablab, on me dit : dans un quoi?
C'est un lieu qui réunit des machines. À la base, c'est d'avoir des machines qui sont partagées, qui sont mutualisées entre tous les utilisateurs. Donc, plutôt que d'avoir une énorme découpe laser dans votre salon, vous l'avez dans un lieu qui vous permet d'être plus tranquille au quotidien.
Mais du coup, c'est surtout une communauté. C'est une communauté d'artisans, de makers.
Les makers, ce sont des gens qui fabriquent, mais surtout qui vont fabriquer ensemble. Ce lieu a été fondé par Antoine, qui n’est pas là aujourd'hui, mais qui aurait adoré être ici pour vous en parler un petit peu mieux, que moi.
Donc voilà, il y a vraiment une communauté qui forme, conforme au quotidien, avec à la fois des artisans, des entrepreneurs, des collectivités, des entreprises, des centres de formations, on essaye de réunir toutes ces communautés, de les mélanger, en fait. Il y a plein de choses qui se passent, qui arrivent.
Donc, voilà sûrement un lieu où c'est génial de travailler, aussi bien pour l'équipe que pour les personnes qui viennent ici, et l'entrepreneuriat est au cœur du projet, parce qu'en fait, tous les artisans qui viennent ici à un moment, ils ont aussi besoin de développer leur activité.
On met pas mal d'actions en place pour les aider dans ce sens-là. Donc, c'est assez chouette. Le jeudi, c'est vraiment le jour de l'entrepreneuriat au Roselab, mais en vrai, c'est tous les jours qu'ils ont besoin de développer leurs projets.
Aujourd'hui, chaque université école ou grandes écoles a un responsable entrepreneuriat au sein de son établissement.
Alors, allons à leur rencontre et découvrons quelles sont leurs fibres qui vibrent pour l'entrepreneuriat.
Laura
Et là, je travaille à l'université de Toulouse pour un projet dans les Pyrénées.
Ce qui me fait revenir aux sources, parce que j'essaye d'être le plus possible dans un accompagnement soit des chercheurs, soit des doctorants, dans une circularité pas juste des économies, mais un peu globale.
Riyad
Je m'appelle Riyad Aubenas. Je suis professeur des universités en informatique. J'ai l'honneur et le plaisir d'être, depuis deux mois, professeur chercheur à l'Epita.
J'ai quand même toujours mis à part mon métier de professeur, toujours aimé l'entrepreneuriat, il m'est arrivé de faire pas mal de projets. Il y a un projet auquel j'ai participé avec des collègues, qui est le montage d'une grande université, en Tunisie une école d'ingénieur qui maintenant a près de cinq mille étudiants. Je me suis aussi occupé d'un incubateur d'entreprises au sein d'une école d'ingénieur dans laquelle je faisais partie.
Il y a eu des projets qui ont très, très bien réussi. Il y a eu même eu une entreprise qui est devenue centaure. Il y a plusieurs niveaux dans la réussite des start-up. Ce qu'on appelle les licornes, qui à peu près arrivent à soulever, qui ont une valeur d’un milliard de dollars, et les centaures, ce sont des entreprises qui sont entre cent millions et un milliard de dollars d'accord, donc une des entreprises qu'on avait incubées et qui avait réussi.
Un ancien de nos étudiants a réussi à être centaure.
Narjes, enseignante chercheure à l’Epita
Je suis aussi enseignante, chercheur à l’Epita. Je suis dans le domaine de la vérification formelle de l'intelligence artificielle.
On est toujours amené à réfléchir sur la recherche, les problèmes de recherche, les problèmes d'enseignement et aussi à, comment accompagner les étudiants ?
Réfléchir sur les projets qui peuvent être intéressants, sur les modules qui pourraient rendre opérationnel sur le marché du travail et leur donner une valeur ajoutée. Et puis, d'innovation, qu'est-ce qu'on pourrait ajouter? de nouveau, réfléchir à l'innovation.
Florence.
Bonjour à tous. Moi, c'est Florence.
Je travaille à la cité des apprentissages et formations de Blagnac. On va dire que, depuis vingt ans maintenant, j'accompagne des apprentis plutôt de bas niveau de qualification des métiers de l'alimentation, des pâtissiers et boulangers. Actuellement, on a des cuisiniers, des commerciaux.
On a des formations qui vont du CAP au BAC+3.
Et tous les ans, sur des cohortes, on en a des jeunes qui créent. Souvent, on les accompagne peu et aujourd'hui, on est là avec Zachia, justement pour voir. Mettre une pièce de plus à notre édifice et que ces jeunes-là puissent atteindre des sommets.
Mustapha
Bonjour à toutes et à tous, Mustapha, je suis gestionnaire administratif et référent entrepreneuriat du service relations entreprises de TSM l’ex IAE, euh donc, composante de l’UT, Capitole.
Aujourd'hui, on a on ne pense pas assez aux étudiants entrepreneurs qui ont du mal à être accompagnés, et moi en tant que référent entrepreneuriat.
On essaie de les accompagner, de leur trouver des solutions, afin qu'ils ne se sentent pas seuls dans leurs projets.
D'un côté, ça, ça permet, l'entrepreneuriat est une pièce du puzzle dans le développement de notre école, et ça me fait penser aussi à mon papa, qui est aussi entrepreneur, et donc voilà,
Diane
Bonjour, moi, je suis de formation ingénieur. J'ai bossé cinq ans dans l'industrie, dans les télécoms.
Et après, je suis parti à Toulouse YNOV campus. Donc, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés avec Alexis et j'ai eu l'occasion, j'ai eu l'impression de pouvoir faire rayonner un peu.
Ce que j'avais envie de faire, c'est-à-dire encourager l'esprit d'entreprendre, mettre en lumière les projets des étudiants, etc. Donc, c'est un peu ce que ça représente.
Et aujourd'hui, j'ai envie de rassembler les pièces du puzzle et d'être aussi la bonne pièce de pouvoir proposer les bonnes choses pour que, pour pouvoir continuer à faire, à faire évoluer l'entrepreneuriat et apporter ma pierre à l'édifice.
Voici venir Aymane, un serial entrepreneur de Mare Nostrum, qui co-anime la matinale avec Alexis.
Aymane
Moi, je m'appelle Aymane, je suis diplômé de TSE et je suis expert en intelligence artificielle et en data.
J'accompagne Alexis pour aider les porteurs de projets à démarrer leur projet d'entrepreneuriat. Pourquoi ? parce que moi aussi, j'ai démarré, j'ai déjà essayé d'entreprendre pas mal de fois depuis mes seize ans.
J'ai commencé par une boutique de vente de livres aux États-Unis sur l'e-commerce et j'ai aussi développé une application pour les boulangeries. Chaque fois, je teste, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas.
Mais on entreprend, c'est comme ça, c'est l'entrepreneuriat, c'est la jungle.
Annabel et julien, deux jeunes entrepreneurs.
Julien
Bonjour à toutes et à tous. Julien Ségura. Donc j'ai créé une société qui s'appelle Raciines, qui est née d'un projet étudiant que j'ai fait l’ICT, l’UT1 et Eurydice, dont trois écoles avec du droit, du commerce, etc. Ça fait deux ans.
J'entreprends maintenant, et le cerveau fuse et ne s'éteint jamais, puisque quand on entreprend, c'est matin, midi et soir.
Parfois l'équilibre vie pro vie perso peut en prendre un coup.
Annabel
Bonjour, moi, c'est Annabel Van Santen.
Je suis la fondatrice de la marque Playsir qui pareil, est née d'un projet étudiante que j'ai monté il y a un an.
J'ai toujours entrepris plus ou moins dans ma vie. Donc, le cerveau, il fuse, tout le temps, tout le temps, avec des idées qui sont concrètes ou pas.
Et depuis un an, j'ai trouvé une idée concrète que j'ai vraiment eu envie de développer et qui est donc la marque Plaisir. Et je l’associe aussi un peu au lever de soleil, un peu aussi à ma personnalité, qui est spontanée, et c'est surtout un projet avec lequel j'ai envie d'apporter de la joie et du bonheur et de proposer des nouvelles choses éblouissantes aux personnes autour de moi, et c'est un peu comme ça que j'ai envie de continuer à développer cette marque.
Maintenant que vous connaissez quelques-uns des nombreux invités à cette matinale de la pédagogie entrepreneuriale.
Intéressons-nous à ce que c'est que cette pédagogie entrepreneuriale. Je laisse la parole à Aymane, qui va nous parler des journées de pratiques pédagogiques en entrepreneuriat organisées par BPI France, auxquelles il a assisté.
Retour sur les journées de l’entrepreneuriat
L'événement était centré sur l'innovation avec une table ronde qui a parlé de la créativité, de la notion de la créativité.
Et il y avait trois mots, trois phrases clés à retenir :
premièrement, il faut chercher à enseigner le risque, parce que c'est rare. Je pense que les étudiants entrepreneurs, ils doivent connaître un peu les notions de risque, parce qu'entreprendre, c'est aussi prendre des risques. Et aussi sortir de sa zone de confort.
La deuxième phrase, c'est savoir identifier et stimuler la créativité chez des étudiants. Parce que la notion de créativité, pour certains, c'est inné, alors que pour d'autres, c'est enseigné. Du coup. C'est un sujet aussi un sujet très important autour de l'entrepreneuriat, parce que pour certains, être entrepreneur, c'est être créatif, alors que pour d'autres non. Et du coup, l'idée autour de ça, c'est que dans vos établissements, de savoir identifier ces étudiants, ceux qui ont un peu la notion créative. Et surtout aussi valoriser l'audace et l'expérimentation dans nos pédagogies.
L'un des constats importants aussi, ce sont nos KPI académiques, parce que pour l'instant, tous les classements universitaires et dans l'enseignement supérieur ne sont basés que sur le taux d'insertion professionnelle. Alors que c'est aussi intéressant d'inclure le taux de création d'entreprise au sein de nos étudiants entrepreneurs que l'on accompagne au sein de plusieurs structures d'accompagnement.
Après la table ronde, il y a eu aussi la présentation des personnalités, essentielle dans un projet entrepreneurial. Les quatre sont :
l’ enthousiaste, qui sont des gens qui ont une source d'énergie et d'idées nouvelles.
L'aventurier, qui est toujours un menteur d'action et de dépassement.
L'ingénieux, qui est toujours quelqu'un qui structure et qui est concret, qui concrétise et qui a toujours des idées structurées
le sceptique qui veut sécuriser. Il questionne et anticipe le risque.
Un petit sondage, juste pour savoir parmi vous, est-ce que parmi vous qu'il y en a certains qui se sentent enthousiaste? enthousiaste, ça veut dire, tout simplement quelqu'un qui est énergétique. Il a toujours des idées, c’est une machine d'idées, mais derrière, il n'y a pas d'action concrète.
Je voudrais savoir : est-ce que parmi vous il y en a certains qui se sentent un peu cet enthousiaste ?
Un, deux, trois, quatre, cinq.
Autour de cet événement, il y avait aussi la mention de l'intelligence artificielle, qui était très important comme outil d'évaluation et d'accélération.
Moi, j'ai pu assister à deux ateliers. Le premier, c'est utiliser l'intelligence artificielle comme un levier pour concevoir une grille d'évaluation. C'est, au lieu de se mettre à la place de l'étudiant ou du jury, on se met à la place d'une IA qui regarde, qui entend, qui écoute et qui regarde. On essaye de détecter ce que l'IA peut détecter, que nous ne pouvons pas. Juste à titre d'exemple, supposons qu'on veuille évaluer la compétence de l'enthousiasme, par exemple.
Il y a aussi l'idée de détecter des mots-clés avec l'IA: elle peut détecter des mots-clés et chercher combien de fois l’étudiant la répète.
Il y avait aussi un focus sur l'outil, mon pass créa de Bpifrance. C'est un outil, une boîte à outils numériques qui aide les porteurs de projets ainsi que les directeurs d'école et les repreneurs pour avancer sur leurs idées d'entreprendre. Il y avait des guides, des modèles de statuts, des orientations vers des réseaux, des acteurs, un générateur de compte résultat: une section « mon parcours », où l’on peut créer son profil, pitcher son idée et générer des slides.
Et conclusion :
Les JOPPE, c'était en repensant aux indicateurs ainsi qu’à tous les outils autour de l'entrepreneuriat. Il y a aussi BPI création qui peut vous être utile en tant qu'enseignant aussi.
Je n'ai pas pu tout dire parce qu’il y a 9 pages, mais j'ai résumé.
Vous avez une question ?
Alexis
Voilà, merci beaucoup pour cette synthèse.
On peut le remercier.
On vous donnera le compte rendu.
Caroline
Alors, du coup, moi, je vais vous parler des journées mondiales de l'économie sociale et solidaire, qui ont eu lieu il y a 15 jours à Bordeaux. Je ne sais pas si vous avez suivi cet événement.
J'ai beaucoup suivi sur les réseaux sociaux et Antoine y était. Je vais vous lire son témoignage et on va pouvoir en parler. Donc, il dit : le forum se déroule du 29 au 31 octobre 2025 à Bordeaux, en France, pour la septième édition de l'événement mondial de l'économie sociale et solidaire.
L’événement met un fort accent sur les modèles entrepreneuriaux centrés sur l'impact solidaire et territorial plutôt que la simple recherche de profit. Donc, ça, c'est vraiment quelque chose qui émerge depuis un moment. Nous, c'est vraiment notre bataille du quotidien au Roselab, c'est pour ça qu'on a été missionné comme lieu totem de l'économie sociale et solidaire. Vraiment, on est au cœur de ce réseau et Antoine, au niveau national, est très, très impliqué, dans tous ces enjeux.
Ce que l'on peut noter surtout, c'est que j'ai (NDLR Antoine parle) participé à 3 moments portés par des jeunes, des coopératives étudiantes, et qu'il y a un besoin réel et massif de mettre du sens, changer la façon de faire ensemble et de travailler. Nous « Faire ensemble », c'est notre mojo. On a 5 départements dans le Roselab. On a un département qui est: « Faire ensemble », c'est coopérer, c'est faire avec d'autres structures. Alors, des fois, ça peut être très compliqué, parce qu’il faut se répartir la part du gâteau, et ça sur des modèles économiques qui sont pas toujours faciles, c'est pas évident, mais on est vraiment persuadé que c'est vers là qu'il faut aller et que c'est l'enjeu des années à venir.
Voilà pour cette petite restitution.
Avec plaisir.
L'innovation pédagogique par Alexis
Merci, Caroline.
Je vais vous présenter un peu la synthèse de la semaine mondiale de la francophonie scientifique qui s'est passé la semaine dernière à Dakar. C'est un événement qui se tenait pour la cinquième année. C'est un événement majeur qui rassemble les universités francophones, en fait du monde entier, et qui est organisée par l'AUF, l'Agence Universitaire de la Francophonie, qui est le premier réseau universitaire mondial d’universités francophones.
Quand je dis université, c'est au sens large, donc universités, grandes écoles, laboratoires de recherche organismes de formations pour, pour les adultes.
Et donc il y a un peu plus de mille universités qui font partie de ceux de ce réseau.
Cette année, on s'était organisés à Dakar sous la présidence, sous le haut patronage du président du Sénégal.
Et moi, ce qui m'a surpris, qui m'a marqué vraiment, c'est le fait que, ça, c'est juste un élément de constat que la francophonie est essentiellement africaine aujourd'hui. Elle est portée par la jeunesse africaine et aujourd'hui, il y a 350 millions de francophones à travers le monde. 350 millions donc, c'est un nombre colossal et c'est un écosystème, à la différence des autres langues, qui est très structuré, à la fois au niveau des états, au niveau des universités, au niveau de la culture, au niveau des organisations patronales, etc. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, pour les hispanophones et lusophones, etc.
Le leitmotiv cette année, c'était d'être le révélateur du génie scientifique francophone et de soutenir, dans un contexte où, aujourd'hui, le nombre d'étudiants francophones va doubler dans les dix prochaines années. C'est vrai que quand on est, nous, en France, on n'a pas forcément conscience, de ces dynamique-là et de ces enjeux là. Mais il y a une forte dynamique éducative et démographique et surtout ses acteurs. Mais ce qui m'a vraiment marqué, c'est que, face à l'hégémonie de l'anglais dans les technologies, dans les publications de recherche, bien au contraire, il y a une volonté vraiment de défendre la francophonie, bien sûr, mais aussi la diversité culturelle, la promotion et la diversité linguistique.
Alors, dans ce contexte là l'innovation pédagogique s'articule autour de plusieurs axes.
Je ne vais pas tout vous dire, mais le premier sujet, c'est la transformation numérique de toutes les formations, à la fois dans les contenus, dans les compétences numériques des étudiants, avec des niveaux qui sont vraiment attendus de la part de tous les étudiants francophones.
C'était commun du Congo au Canada, du Cambodge aux universités francophones en Amérique latine.
Bureautique, gestion de données IA, cybersécurité, et donc le numérique. On le voit dans les contenus, mais on le voit aussi dans la numérisation, digitalisation de toutes les formations, formations à distance, avec notamment un institut mondial qui a été créé, qui s'appelle l’ IFIC, qui est un institut dédié à la formation à distance. Et qui est en fait un peu la même plateforme pour les certificats et tous les diplômes à distance, ouvert à tous les étudiants, donc des 118 pays de la francophonie. Donc, le but est de favoriser la mutualisation des ressources, la mobilité des talents et l'accès à des formations. Alors que les talents ne peuvent pas circuler aujourd'hui dans l'espace francophone, à cause des problématiques de visa.
Deuxième enjeu qui est ressorti, c'est la valorisation de l'entrepreneuriat étudiant. Ce qui est intéressant, c'est que quand on fait partie. Les présidents d'université de plein de pays du monde en fait, sont tous sur l'entrepreneuriat, sur l'entrepreneuriat étudiant. Alors, certains ont déjà des dispositifs. Nous, avec le Roselab, on a accompagné à la mise en place de fablab dans des universités au Maroc, au Burkinafaso, Côte d'Ivoire, mais derrière, en fait, c'était, on constate vraiment qu'il y a un souhait d'encourager la création de start-up universitaires, le dépôt des brevets. Les brevets en français, développement des incubateurs et donc le statut national d’étudiant entrepreneur, par exemple, s'est déployé dans 15 pays de la francophonie.
C'est avec un dispositif qui existe en France, mais qui a été déployé, adapté, bien sûr, sur le principe standard. Donc standardisé, mais en même temps adapté aux réalités locales. Et donc ça va permettre notamment la mobilité pour les étudiants entrepreneurs, puisque ces quinze pays se sont engagés. Donc, ça a été annoncé par les ministres : il y a un nouveau programme phare, le PIMEF qui est dédié à la mobilité internationale, à la fois des étudiants francophones en entreprise et des étudiants entrepreneurs, qui se veut être l' Érasmus de la francophonie, donc avec 15 états, qui mettent en place les dispositifs administratifs, financement, etc. Pour, à partir de 2026, faciliter la mobilité des étudiants francophones. Le but est de renforcer l'employabilité, la professionnalisation des jeunes diplômés. Donc, c'est un sujet vraiment d'actualité qui va être proposé par l’AUF à l'ensemble de ces universités.
Ensuite, troisième élément qui ressort, c'est le fait que les formations, donc, non seulement deviennent de plus en plus numériques, mais de plus deviennent de plus en plus courtes, avec des formations certifiantes et avec des modules qui sont mis à disposition soit par l’IFIC l'institut francophone pour la formation à distance continue. Soit, même par les universités elles-mêmes. Voilà les besoins pour comprendre que les universités ont des contraintes d'infrastructures, et donc ça, ça donne énormément d'opportunités pour aider à développer des formations en ligne, surtout pour ce que vous auriez déjà à faire valoir dans vos domaines de spécialités d'enseignement, de recherche, pour les faire connaître, pas simplement à vos étudiants sur nos campus, mais potentiellement à des étudiants partout à travers le monde.
Dernier point. Ce qui ressort, c'est la communauté de valeurs. La francophonie se veut être une communauté mondiale de deux valeurs, avec un sujet clé qui est ressorti de l'ensemble des débats, c'est l'éducation aux médias et la lutte contre la désinformation. Ça, c'est vraiment identifié comme des priorités pédagogiques. En lien donc avec les tensions géostratégiques, etc. Mais avec un constat à la fois de mieux former l'ensemble des étudiants en tant que récepteur pour pouvoir analyser les contenus. Mais également en tant qu’émetteur. Et là, ça ne concerne pas que les journalistes, mais l'ensemble des créateurs de contenu, etc. Pour porter une forme de déontologie, d'éthique sur la création de contenu de rapport à la valeur, à la vérité. Et ça fait écho avec l'appel de Toulouse qui a été signé l'année dernière. Par plus de 200 jeunes du monde entier qui sont venus à Toulouse, à l'occasion de la semaine mondiale de la francophonie. Et qui ont appelé à leurs attentes numéro un vis-à-vis de leur université, c'est apprendre à mieux vivre ensemble.
Et donc, pour cela, que l’AUF a annoncé la création d'un centre de médiation universitaire mondiale pour la paix et la gestion des conflits, avec l'enjeu de rassembler, des universitaires, chercheurs, de l'ensemble en fait des deux, dans tous les domaines d'activité, depuis, bien sûr, le numérique, mais aussi les sciences humaines et sociales, etc. Et aussi l'entrepreneuriat est attendu là-dessus comme apporteur de solutions pour lutter contre la désinformation, contre les fake news, etc.
J'ai été uniquement sur le fond, cette semaine à Dakar. Elle était incroyable.
Moi, j'ai découvert le Sénégal et c’est un beau et noble pays. C'est grâce au Sénégal, c'est grâce à la Tunisie, c'est grâce notamment aux dirigeants de ces pays que la francophonie s'est mise en place et un peu plus de 60 ans maintenant, c'est une vraie richesse. Et l’AUF dont on a la chance d'être partenaire puisqu'on gère l'incubateur virtuel africain francophone. C'est un réseau d'universités. Il y a un certain nombre d'établissements de Toulouse qui font partie de l’AUF. Je vous invite à regarder un peu ce qui prouve qu'ils produisent. Ils font des newsletters, etc.
Voilà, participer à la francophonie scientifique, c'est contribuer à une vision renouvelée de l'éducation, de l'innovation et de la coopération, au service d'une jeunesse engagée et d'un avenir partagé.
Voilà, merci beaucoup. J'ai essayé d'être rapide.
Rentrons maintenant du Sénégal au Roselab avec Aymane qui interroge Annabel et Julien, nos deux étudiants entrepreneurs.
Julien et Annabel, des étudiants entrepreneurs. Et des anciens étudiants. Vous êtes, vous êtes diplômés.
Pour commencer, je vous laisse vous présenter un peu. Je commence avec Annabel, après je vous laisse deviner.
Annabel présente son projet d’entreprise
Je m'appelle Annabel.
Je viens d'être diplômée, je viens de sortir d'un master en développement commercial, mais avant ça j'avais un profil premièrement créatif. J'ai fait six ans de design, donc j'avais beaucoup d'idées. Ça justifie un peu ce flux qui est constant.
Mais il me manquait en fait vraiment ce côté très pratique, très technique pour développer un de ces projets : l'imaginer, ce n'était pas un problème. Je pense que l'entrepreneuriat, c'est quelque chose qu'on apprend seule, de ses erreurs, qu'on se reconstruit, qu'on retente. Mais il y a une partie cruciale aussi pour moi dans l'entreprenariat et l'accompagnement: c'est les personnes qui vont venir confronter ses idées. Voir, en fait créer un conflit pour voir si ça marche, le tester, etc.
Comme ça. C'est quelque chose qui me manquait dans mon profil créatif, c'était vraiment cette prise de recul.
Ça fait maintenant un an que j'ai créé mon projet, ma marque, qui s'appelle Playsir. C'est une marque d'objets intimes qui sont pensés pour des personnes qui ont vécu, notamment, des abus sexuels, qui ont un post-partum compliqué ou qui ont un relationnel avec les appareils génitaux qui est difficile. En fait, l'idée, c'est d'apporter une solution concrète à ces personnes, avec des objets qui n'ont pas la forme d'appareils génitaux. Ce sont des objets aux apparences décoratives qu'on peut laisser sur une table de nuit, sur une table de salon et qui, en fait, vont venir s'incorporer dans le quotidien en douceur, pour se familiariser avec une approche intime peut-être plus adaptée à ces personnes-là.
Julien présente son projet d’entreprise
Je vais essayer de parler suffisamment fort pour que vous m'entendiez. Au fond. Du coup, Julien Ségura, j'ai construit la société Raciines.
Pour la faire synthétique. C'est une alternative aux biographies classiques, qui sont souvent inaccessibles pour la plupart des familles, et l'idée, c'est de créer une plateforme qui est déjà constituée et opérationnelle qui permet de pouvoir faire son livre biographique de manière très simplifiée, donc en intégrant des nouvelles technologies, que ce soit l'intelligence artificielle ou bien d'autres.
Cette plateforme a été co-créée avec près de 70 structures médico-sociales. Et aujourd'hui, on lance, avec plusieurs acteurs institutionnels de la région, des accompagnements intergénérationnels à domicile, ou ce sont des jeunes qui vont au domicile des seniors ou en établissement pour aider les seniors à faire leurs livres et recréer un type de cohésion territoriale, si je puis dire.
Bon, pour faire très synthétique.
Un dernier mot: on est une entreprise sociale et solidaire, donc reconnue d'utilité sociale. Bien qu'on soit à la base commerciale, donc avec une structure juridique commerciale. L'idée, c'est de dire qu'on peut aussi créer une société qui génère de l'économie tout en ayant beaucoup d'impact.
Aymane
Julien et Annabel, vous avez eu un parcours comme tout étudiant entrepreneur : vous êtes dans une école. Qu’est-ce que c’était pour vous le rôle de cette école ?
Julien est à Eurydice et Annabel a Ynov campus. Quel était le rôle de l'école autour de votre projet ? Quel rôle l'école a-t-elle joué ?
Julien : le rôle de l’école dans son projet d’entreprise
Du coup. Effectivement, ma dernière école était Eurydice business school.
Mon projet est né d'un concours étudiant, en fait propre à l'école interne qui nous a donné suffisamment de crédibilité et de visibilité pour participer à d'autres concours derrière et avoir un peu de visibilité. Médiatique.
Et ils nous ont soutenus avec notamment des dotations. Via des partenariats. Ça a été vraiment crucial. Je pense que sans ça, à l'origine, on n'aurait pas créé notre société.
Annabel : le rôle de l’école dans son projet d’entreprise
Alors moi, j'ai fini mon master à Ynov campus, Toulouse. Ce qui avait motivé ce choix. C'est parce qu'ils proposaient les Ydays avec l'initiative Ylook qui était une initiative entrepreneuriale pour aider justement les étudiants entrepreneurs à développer leurs projets sur des temps scolaires et aussi en dehors des temps scolaires. C'est ce qui a motivé mon choix de rentrer dans cette école, parce que je voulais juste faire du développement commercial, mais le fait qu'on accompagne les étudiants entrepreneurs, c'est ce qui a fait que j'ai décidé de choisir de rejoindre cette école-là, parce que, comme j'ai dit, j'avais des idées, j'avais envie d'entreprendre, mais je n'avais pas forcément les clés en main et toutes les informations nécessaires pour y arriver, et c'est vraiment quelque chose qui m'a permis, au cours de l'année, de me confronter à des choix, de me confronter à des professionnels, à me confronter avec d'autres étudiants, entrepreneurs aussi, et à se remettre en question, à trouver des solutions concrètes également, à pitcher devant d'autres professionnels et à recevoir également des dotations en fin d'année, et c'est ce qui a vraiment permis de développer cette activité au cours de ma scolarité en master.
Aymane
Merci beaucoup. Et une deuxième question : est-ce que vous avez un accompagnement personnalisé, spécifique en général durant votre votre parcours scolaire ?
Annabel : l’accompagnement dont j’ai bénéficié
Alors, moi, j'étais accompagné par Mare Nostrum, à l'initiative des Ylooks et des Ydays. C'était une journée en fait dédiée au développement de projets étudiants et ensuite, j'ai postulé au Ylook, auquel mon projet a été retenu, et donc c'était des journées organisées en dehors des temps scolaires. Souvent les week-ends, des journées entières où on allait vraiment développer en profondeur avec des intervenants, le projet, mais également sur des temps individuels, plutôt les après-midi ou en fin de journée, où j'allais pouvoir pitcher mon projet auprès d'autres professionnels de mon secteur pour avoir vraiment un échange plutôt un petit peu échanger avec des professionnels ; de mon côté, psychologue, docteur en psychologie et des sexologues.
Julien : le manque d’accompagnement
Du coup pendant mon parcours. Non, je n'ai pas été accompagné.
Sauf à postériori quand on a gagné le concours et via d'autres, des incubateurs, etc. Mais pas scolairement.
Aymane
Quel est pour vous le principal, les principaux problèmes rencontrés ? On va dire est cinq.
Annabel : les principaux problèmes d’entrepreneur, rencontrés
Ouh, la, la, la, la.
J'en ai eu plein. Comme j'ai dit, la création, l'idée, c'est vraiment pas le problème.
C'est vraiment pour moi, un des problèmes, c'est de ne pas m'éparpiller, c'est de rester ancré et de prendre en compte tous les facteurs, parce que quand on entreprend l'idée, d'avoir l'idée, c'est bien vrai, il faut la confronter sur la rentabilité, sur la comptabilité, sur la partie juridique, sur la partie médicale aussi, pour ma part,
Il y a une partie en fait aussi qui est juste constante. Donc, je me posais énormément de questions sur la communication et le marketing, vu que je parle d’objets sexuels, on est très censuré, on parle très rapidement de pornographie et du coup, communiquer, pour ma part, a été très, très compliqué en ligne sur les méthodes actuelles.
Aujourd'hui, je trouve des solutions, mais ça, c'est grâce à une réflexion collective qui me permet d'avancer petit à petit, parce que faire tout ça toute seule, ça devient très vite, très lourd et on se perd dans les problèmes, mais aussi dans les solutions. Donc, l'accompagnement a été très, très efficace. Là-dessus, aujourd'hui, je me pose une question. Parce que je me lance des challenges, parce qu’on n'en fait jamais assez un. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Je lance, je me lance le challenge d'organiser un événement. Gratuit, pour les jeunes, les jeunes femmes. Sur le bien-être et la santé sexuelle. Je lance ce projet toute seule actuellement, mais je ne sais pas trop comment trouver un lieu. Les acteurs juridiques pour pouvoir organiser cet événement. La récolte de fonds. J'aimerais avoir des conférences avec des personnes qui interviennent et qui partagent leurs connaissances, donc tout ça en fait, c'est des nouvelles questions que je me pose aujourd'hui et c'est un peu comme ça, à chaque fois, chaque fois que je franchis un pas, que j'ai résolu un problème, je me retrouve face à un nouveau et c'est dans ce sens-là que l'accompagnement scolaire, et aussi en dehors des temps scolaires, c'est vraiment bénéfique pour des personnes, surtout quand, moi qui viens de finir le master, là, je viens de finir l'accompagnement scolaire, et on se retrouve un petit peu « Ah, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
Julien : les principaux problèmes d’entrepreneur, rencontrés
Les problèmes, c'est ça ? Du coup. Je vais essayer d'énoncer des problèmes peut-être auxquelles vous pourriez répondre. Je vais vous épargner l'aspect financier. Financement qui est un problème, je pense, récurrent. Même si une dotation est souvent appréciable à l'issue de concours étudiants.
Je pense qu'il y a tout l'aspect cadrage, c'est-à-dire qu’on a tendance à ne pas avoir les bons retours. Ne pas avoir de retour d'expérience de vrais entrepreneurs. Il y a la théorie qu'on apprend en cours via la pratique des entrepreneurs.
Pour aussi sur l'aspect financement. On nous parle souvent des banques. Des dispositifs, des levées de fonds, des business angels, etc. Il y a énormément d'autre alternative, bien plus, bien plus efficace, si je puis dire, surtout quand on sort d'études et qu’on a potentiellement un prêt étudiant à rembourser, que ça peut être France active initiative. Et, bien d'autres. Il y a aussi des liens entre les écoles et les incubateurs qui, je pense, peut se faire. En tout cas, ils sont demandeurs d'être en lien avec des écoles pour parler de ces incubations qui ne coûtent pas un euro aux jeunes actifs à l'issue de la sortie d'études.
Ça me semble déjà pas mal. Après, il y a autre chose. Les mentorat. Bon, je le proclame parce que je suis ambassadeur régional de l'entrepreneuriat des jeunes en Occitanie via movJ, et en propose du mentorat gratuit pour les porteurs de projets. Et je pense que c’est intéressant de faire le lien aussi avec des structures comme ça.
Annabel : le mentorat
Je rebondis sur ce que dit Julien sur le mentorat, parce que je trouve ça très pertinent. C'est que, dans les problématiques, si je recentre sur moi, il y a par exemple plein de questions techniques sur la comptabilité, les questions de juridique, donc un mot, il faut avoir une personne attitrée pour des choses quand on ne sait pas trop vers qui se tourner, vers où se tourner et par quel bout prendre le problème.
Laissons maintenant les responsables entrepreneuriat des écoles et des universités poser leurs questions aux deux jeunes étudiants.
Question sur le défi étudiant-entrepreneur
Si vous étiez à nouveau étudiant, en L1, L2, L3, par exemple, comment vous arriveriez à concilier est-ce que ce ne serait pas un défi trop lourd et quel serait l'accompagnement ? si on parle de temps ou de durée, comment vous pourriez l'envisager en même temps qu’avoir cette épée de Damoclès entre préparer la candidature master et réaliser des partiels en L3 notamment.
Annabel : le défi étudiant-entrepreneur
Moi, je ne le vois pas trop comme un obstacle. Dans mon cas personnel, j'étais étudiante en master après une redirection, donc j'ai dû réapprendre tout à nouveau, alternantes en même temps et porteuses de projets.
Je pense que, porteurs de projet et vouloir entreprendre, c'est quelque chose qui nous tient à cœur. C'est quelque chose qu'on a envie de faire, au même titre qu’en dehors des cours, pratiquer une pratique sportive, loisir ou avoir un job étudiant à côté. Je pense que si c'est vraiment une vocation qu'on a et qu'on a vraiment envie de développer ce projet, on prend du temps dans ses initiatives et, au contraire, c'est quelque chose qui va, qui nous anime réellement et qui peut vraiment aussi faire la différence pour une école en se disant : « ah, mais mon école m'accompagne réellement dans la réalisation de mes objectifs personnels », au même titre qu'un accompagnement d'aide pour un appartement, pour des clubs sportifs, dans des options, etc.
Julien : le défi étudiant-entrepreneur
Pour compléter. Effectivement, je pense que ça peut être un vrai accélérateur. Quand on entreprend, on est souvent passionnés et intéressés dans un domaine et on s'y intéresse, on y travaille beaucoup en dehors des études des partiels.
Et peut-être qu'il peut y avoir du temps effectivement plus pratico-pratique. Personnellement, j'y vois, j'y vois bien la cohérence, la pertinence.
Annabel : le temps de développer son activité
Il y a des profils quand j'étais en creative encore, qui sont freelance, en dehors des heures de cours et, du coup, qui mettent énormément de leur temps au développement de leur portfolio, de leur site web, de la recherche client et qui ne savent pas forcément, du coup, doser le temps entre cours, révisions, réalisation de projets, cours, partiel, et peut être, justement, avoir des temps donnés par les écoles pour développer cette activité, là peut même être plus pertinente que ce qui le fasse tout seul chez eux, en fait.
Question adéquation proposition - demande
Pour mettre en adéquation votre proposition de valeur, service ou un produit et la demande du marché. En quelle mesure, en fait, il y a une adéquation ? Où trouve-t-on cette adéquation pour pouvoir évaluer un potentiel marché pour votre produit ou service ?
Julien : le lien entre théorie et pratique
Effectivement, c'est là où on fait le lien entre la théorie et la pratique : tester son marché et tout ça.
Alors moi, je n'ai pas été personnellement accompagné du coup, mais je l'ai fait pendant mes études de tester ce marché, là pour, justement, dans le cadre de ce concours, au fil des étapes, en fait, ça nous incitait à agir et avoir de nouvelles actions.
Mais personnellement, je l'ai fait à posteriori du coup par manque de cadrage ou de projet d'incubation interne à l'école.
Mais c'est une phase importante.
Annabel : la recherche de son marché
Oui, j'ai un peu du mal, je pense, à répondre à ces questions. J'ai toujours eu peur d'aller me confronter au marché, parce que c'est quelque chose qui m'effrayait un peu.
Et c'est qu’avec eux, j'ai eu la chance d'être accompagné sur mon master par Mare Nostrum, avec les Ylook et les Ydays.
Cette année, l'année dernière, où j'étais accompagné par Mare Nostrum, en fait d'avoir des rendez-vous récurrents, on mettait de la théorie en place et aussi avec des objectifs pour la séance prochaine. Qui pouvait être théorique sur la recherche de marché, mais on demandait aussi : bon, ben voilà, pour la fois prochaine, j'aimerais que tu aies 300 retours client ou de professionnels ou de magasins revendeurs.
C'est vrai que, en fait, ça nous met face au mur, ça nous met un coup de pied au cul aussi, si on peut le dire comme ça, et ça motive en fait aller tester son terrain, son marché sans risque, le fait d'être encore à l'école. Ce n'est même pas un filet de rattrapage, c'est un filet trampoline avec une piscine à boules en dessous, qui nous permet de vraiment se lancer.
Sans se dire : « ah, mais après, je perds mon travail. J'aurais investi des milliers. Je perds absolument tout ce que j'ai fait ». C'est vraiment un cadre sécurisant de tester le marché sans répercussion, trop dur.
Alexis
La question suivante est : « imaginez que Annabel et Julien, fassent partie de vos établissements ». La question qu'on va vous poser, c'est quels moyens existent aujourd'hui dans votre établissement qu'on pourrait mobiliser pour Annabel et Julien et qui répondent aux besoins que vous avez identifiés ?
Proposition 1 : Le pitch
Vous parlez de pitch, et du coup, bah, nous, justement, on se disait, vous avez très, très bien présenté. Mais souvent, on a plein d'idées, mais on ne sait pas pitcher, en fait, séduire, expliquer son projet. Et ça part un peu dans tous les sens, parce qu'on fourmille d'idées, mais c'est difficile, du coup, de savoir bien exprimer son, son idée, ce qu'on veut, ce qu'on veut faire derrière.
En tout cas, on s'est dit que ça fait partie des choses importantes.
Peut-être qu'on allait du coup savoir pitcher son projet et savoir aussi pitcher les difficultés qu'on rencontre au fur et à mesure de son projet.
Et donc l'idée serait de pouvoir pitcher devant un réseau de deux professionnels entrepreneurs anciens alumni de l'école, les partenaires de l'école.
Pour pouvoir être aiguillé derrière, avoir des feedbacks constructifs par rapport aux difficultés qu'on rencontre ou à l'évolution de son projet au fur et à mesure, donc avoir des temps dédiés à la rencontre avec des professionnels.
Réponses de Julien et Annabel
Bonne idée et, s'il faut le faire, je peux me porter volontaire à titre bénévole pour pitcher ce genre de problématique. Mais je me permets juste de le glisser, même pour toutes les écoles, de manière classique, s'il faut parler d'entrepreneuriat ou d'autres expériences, etc. N'hésitez pas, je le ferai avec plaisir.
Idem pour moi. Bonne idée, surtout la deuxième de pitcher ces difficultés. Quand on est entrepreneur, pitcher ses bonnes idées, c'est une chose. Pitcher les difficultés qu'on rencontre et faire face à ses imperfections, en est une autre. Donc, sur ce point, très bonne idée. Et pareil si vous avez besoin de personnes, dont des jurys, des alumni, conseil, orientation, entrepreneuriat, je suis disponible, aussi.
Proposition 2 : Mentorat spécifique
Alors, vous avez tout à l'heure évoqué le flou, le manque d'information du coup, la désorganisation, le fait d'être seul avec vous-même par rapport à toutes ces interrogations. Pour répondre aux besoins d'accompagnement, en fait, à l'entrepreneuriat, nous, ce qu'on vous propose, c'est par la modalité du mentorat. De mobiliser la ressource écoute et feedback par le biais d'ateliers récurrents autour de thématiques spécifiques comme les ressources humaines, la comptabilité, le business plan, tous ces éléments qui seraient récurrents, en fait, au sein de l'établissement et qui permettrait, par le biais de temps conviviaux, de générer donc des réponses à vos interrogations.
Réponses de Annabel et Julien
Pour moi, c'est une super idée, c'est des temps vraiment dédiés focus, et c'est ce qui manque aujourd'hui, où on s'informe beaucoup avec des tutos Youtube, mais de l'avoir avec du vrai contact humain, avec des retours sur le moment, avec des personnes professionnelles renseignées ou aussi des personnes comme nous qui n'en savent rien. C'est à la fois réconfortant et ça permet d'avancer également.
Pour ma part, je pense que c'est une bonne idée, mais il faut un point de vigilance. Selon moi en tout cas, que ce ne soit pas trop théorique autour du cours, que ce soit vraiment pratico-pratique d'enseignement, avec des retours d'expérience et que ce ne soit pas trop utopique.
Proposition 3 : réseau de stagiaires
Alors, pour nous, on a identifié un besoin de cerveau disponible pour vous aider et un vivier de stagiaires potentiels dans les formations. Donc, du coup, ce serait la création d'un réseau multi-potentiel pour soutenir l'activité. Tout ce vivier de CV qualifié et qu'on puisse vous les présenter, pour que vous puissiez avoir des personnes avec qui travailler, qui puisse apporter des ressources complémentaires à votre activité.
Réponses de Annabel et Julien
Bonne idée. Ce que j'ai surtout apprécié, c'est le qualifié, parce que, oui, on a du temps. De l'aide, c'est toujours apprécié. Mais de l’avoir ce quelque chose qui est déjà un peu pré-mâché aussi pour nous, pour éviter de devoir se former sur du recrutement en plus, c'est quelque chose qui nous facilite la tâche et qui rendrait agréable, en plus, de recruter un ou une stagiaire auprès de nous.
J'espère que cet épisode vous a éclairé sur la pédagogie entrepreneuriale.
On l'a bien compris : l'accompagnement sous toutes ses formes, comme le tutorat, le mentorat ou via un réseau d'experts est une des composantes clés de l'envie d'entreprendre.
Je retiens aussi que la pédagogie entrepreneuriale doit intégrer le risque et valoriser l'audace. Pas uniquement les matières académiques. C'est ce qui la différencie fondamentalement de la pédagogie tout court.