Publié le mardi, 27 janv. 2026
Si je vous parle de cette méthode c’est qu’elle est à la fois créative, collective et drôlement efficace. Elle permet de transformer une formation présentielle en formation multimodale (c’est à dire présentiel et avec différentes modalités à distance : synchrone ou asynchrone) active.
L’originalité de la méthode c’est que l’on commence par imaginer une expérience apprenant, de formation basée sur l’activité.
Les fondements
Cette méthode ABC Learning Design a été élaborée et largement éprouvée par l’UCL : l’ University College of London qui a décidé de l’intégrer, depuis 2022 à sa méthode de conception de programmes universitaires. Elle est fondée sur plusieurs recherches. Celles de Clive Young et Nataša Perović de 2014 à 2020 dont la publication de référence, de 2016 est intitulée : « La conception rapide et créative d’un cours : aussi facile que ABC ? ». Et également sur les travaux de Diana Laurillard, professeure qui s’intéresse à la science de la conception des apprentissages avec les technologies numériques. Elle prône la collaboration des enseignants concepteurs et la diffusion des pratiques les plus efficaces et innovantes. Elle décrit 6 types d’apprentissages actifs : l’acquisition, la collaboration, la discussion, l’enquête, la pratique ou la production.
L’atelier
Cette méthode se pratique sous forme d’un atelier rapide de 1h30 à 2h maximum. Elle s’adresse à tous : formateur et non formateur répartis en petits groupes de 3 à 6 personnes. Un seul module sera scenarisé par groupe, au cours d’un atelier.
Étape 1 : le parcours idéal
Chaque groupe de concepteurs imagine succinctement le programme du cours avec le slogan, l’argument de vente, la proposition de valeur... Puis dessine la forme du programme sur une carte type radar (en forme de toile d’araignée avec 6 pointes représentant les 6 types d’apprentissages. Enfin, le groupe place un curseur entre présentiel et distanciel, selon le degré de modalité souhaité.
Étape 2 : le storyboard
Passons au déroulé ou storyboard, comme au cinéma, il représente l’illustration de la succession des scènes d’une séquence. Ici les scènes sont les types d’apprentissage. Un jeu de carte est distribué, chaque type d’apprentissage est représentée par une carte de couleur : l’acquisition en bleu, la collaboration en jaune etc.
Il s’agit de planifier la répartition des apprentissages dans un module en posant les cartes sur un canevas, grande feuille de papier au format A1. Il y a donc une succession de cartes de couleurs différentes. Une fois le plan approuvé par l’ensemble de l’équipe, on retourne les cartes « type d’apprentissage » une à une. Au dos de la carte se trouve une série de propositions d’activités numériques ou classiques. On coche celles que l’on retient (ou on ajoute la sienne). Et ainsi de suite pour chaque carte. L’avantage est qu’au premier coup d’oeil, grâce aux couleurs des cartes on constate la variété des situations et types d’apprentissage utilisés.
L’objectif est de déclencher une discussion argumentée et structurée pour entériner le choix des activités et de leur survenue. On se concentre donc sur l’expérience que va vivre l’apprenant plutôt que sur la déclinaison d’objectifs en sous objectifs... Attention l’objectif pédagogique reste le but à atteindre. Il a été défini en amont de la séance avec les autres données du programme.
Étape 3 : les évaluations
Quand tout le monde est d’accord, on ajoute les évaluations formatives et sommatives grâce à des étoiles argentées ou dorées collées sur certaines activités décidées en commun.
La comparaison entre le rêve et la réalité
Le graphe d’activité , vous vous souvenez ? Le parcours idéal de départ est repris en fin d’atelier pour y tracer le radar de ce que le groupe a réellement conçu afin de comparer la différences entre son souhait et la réalité.
Prenez le tout en photo et présentez le résultat aux décideurs, autres formateurs ou aux stagiaires. Un résultat visuel actif et centré apprenant !
Références
ABC Learning Design @ UCL : https://blogs.ucl.ac.uk/abc-ld/
Laurillard, D. (2012) Teaching as a Design Science : Building Pedagogical Patterns for Learning and Technology. Routledge
Young, C. and Perović, N. (2016) Rapid and Creative Course Design: As Easy as ABC? Procedia – Social and Behavioral Sciences, 228, 390-395
Publié le samedi, 15 nov. 2025
Aujourd’hui, je vous propose d’explorer comment utiliser les podcast en formation ?
Le podcast est à la mode ! Il est plus simple à fabriquer qu'une vidéo et vous aussi vous avez bien envie de fabriquer des podcasts mais pourquoi faire ? puisque finalement est-ce que ça ne revient pas à élaborer une partie de votre formation qui s'apparente à la bonne vieille méthode transmissive, un genre de prolongement du cours magistral, donc rien de nouveau puisque déjà dans les années 70 on distribuait des cassettes audio dans les universités.
Qu’est-ce qu’un podcast pédagogique ?
La différence aujourd'hui, c’est le numérique. Il existe un tas d'outils numériques qui rendent l’écoute de votre podcast, active. Et c'est bien là la différence entre le podcast pédagogique et le podcast de divertissement, tout se situe dans son écoute. Elle sera plus attentive, elle invitera à la prise de notes et à la réécoute.
Comment utiliser le podcast en formation ?
Votre podcast peut constituer une ressource complémentaire à la formation que vous avez donnée avec par exemple un témoignage d’expert·e qui serait plus concret et compléterait utilement les concepts enseignés, surtout s’ils sont complexes ou trop longs à développer.
Il peut également servir de base pour produire un plan, un résumé, une frise chronologique où bien encore pour faire se poser des questions ou pour un travail d'analyse.
Plus basiquement, vous pouvez associer l'écoute de votre épisode à un quiz pour que chacun vérifie qu'il a bien retenu et compris l'essentiel des informations.
Plus intéressant car vous gagnerez du temps, en effectuant des feed-back audio aux productions de vos apprenants. Votre voix constituera une prise en considération accrue, plus proche qu'un écrit succinct, selon le ton que vous employez bien sûr, en imaginant que vous y mettiez du vôtre.
Votre voix, un lien social
Si, comme moi vous utilisez votre voix pour fabriquer vos podcasts, vous prolongez le lien établi avec vos apprenants durant les formations parce que la voix constitue un formidable lien social entre l’auditeur et le locuteur. Elle renforce le sentiment de proximité. L'auditeur peut s'identifier au locuteur ou encore mieux, se reconnaître. Je dit encore mieux, car ce sera une situation idéale pour qu'il écoute jusqu'à la fin et mémorise vos propos.
Et là on s’approche du bonheur !
Publié le vendredi, 13 juin 2025
Etude sur l’utilisation du podcast pour des témoignages
Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous, une étude de l’université du Mississippi parue en 2017 sur l’utilisation de podcast dans la formation d’infirmière.
L'intérêt de cette étude et l'utilisation de podcast produit de façon professionnelle à des fins de récits réflexifs.
Les enseignants ont choisi d’utiliser des témoignages ou récits du réels pour proposer une évaluation à travers une étude de cas additionnée d’une production d’écrits par les apprenants en réponse à ce podcast.
Un guide d’aide à la réflexion
Pour les aider à produire ces écrits, les enseignants avaient fourni un guide de questions du type :
Que s'est-il passé dans l'histoire ?
Qu'avez-vous ressenti ?
Pensez-vous que les infirmières ont bien ou mal agi ?
Qu'auriez-vous fait différemment ?
Qu'avez-vous appris de cette histoire ?
Comment pourriez-vous appliquer ce que vous avez appris grâce à ce devoir à votre carrière individuelle d'infirmière ?
Exemple de podcasts choisis par les enseignants
Pour vous donner un exemple, il y avait un épisode du média public de Chicago, sur le thème de l'éthique infirmière qui présentait le cas d'une infirmière dénonciatrice
ou encore un autre épisode de la radio publique de New York Radiolab qui traite des considérations éthiques lors du triage de patients, en temps de crise, notamment pendant l'ouragan Katrina.
Résultats de l’étude
Tous les participants à cette étude ont déclaré que le podcast avait stimulé leur apprentissage et inspiré la pensée critique ou la réflexion sur le sujet.
Dans les expressions libres, proposées aux étudiants à la fin de cette étude, une des réponses indiquait « J'ai apprécié d'en apprendre davantage sur les difficultés auxquelles je pourrais être confronté en tant qu'infirmier et cela m’a beaucoup ouvert les yeux. J’ai acquis une nouvelle perspective et cela m’a vraiment fait réfléchir à ce que je ferai dans une telle situation. C’est quelque chose que j’ai acquis sans être en classe ou en stage clinique et je pense que c’est un excellent moyen de mettre en œuvre des enseignements externes. »
L’étude de cas à travers le podcast
Le podcast est donc un excellent outil pédagogique en tant qu’étude de cas pour immerger l’apprenant dans la réalité, ou dans un contexte au travers de témoignages de professionnels judicieusement sélectionnés par le formateur. La production qui s’en suit pourra être une réflexion très personnelle afin d’éviter la triche très tentante.